We can't go home again,  

Didier Fiúza Faustino

.  November 30th, 2013 - January 11th, 2014

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We can't go home again

Didier Fiúza Faustino

11.30.2013 - 01.11.2014



DIDIER FAUSTINO
WE CAN'T GO HOME AGAIN
30/11/2013 ? 11/01/2014

For his second personal exhibition at Galerie Michel Rein , Didier Faustino invites us to step outside of our homes and penetrate an ambiguous world, which strangely resembles our own but is haunted by other versions of us bearing armour built from the materials of our own homes.
The exhibition WE CAN'T GO HOME AGAIN mobilises the signs of our familiar environment but strives to turn it inside out literally like a glove, projecting the visitor into an unstable universe. Alternately summoning Absalon, in particular his series Cells, and the performances where Joseph Beuys, wrapped up in his felt cover, shuts himself away in a gallery, Didier Faustino?s exhibition plays on the motives of hindrance, movement and inversion.
The semantics of the titles beckon to be heard. The name "HOME" reoccurs like a litany which is apparently gentle and discreetly discordant. In this manner the show must not "go on", as the saying goes, but rather "go home" ("THE SHOW MUST GO HOME"). This home is however declared inaccessible ("WE CAN'T GO HOME AGAIN"), and its proverbial sweetness has transformed into a suit ("HOME SUIT HOME"). Whilst circulating between these titles, the meaning shifts, themes of habitat and comfort rub up against those of appearance and the irreversible.

However, the installation is characterised by its reversibility. In the same way that the home finds itself alternately represented as a dwelling to occupy and an impossible destination, the anthropomorphic figures occupying the main space of the gallery constitute both interiors and exteriors, containers and contents. They invoke strange stories: which man is of the type who?s made himself from this soft armour? Against which insidious peril? Against what disaster is he looking to survive? Which sophisticated means enabled him to design the skilful patron? Protection built from typical flooring of our abodes shows the opposite and seems to both arm against the dangers and point out their nature. Our models of home, our way of organising and housing our bodies, our spectacular edifices and the constraints opposed to our flesh are all effectively concerned here. Didier Faustino?s combinations somewhat toughen the architectural intention, to a point which expresses a categorical criticism of domestic planning.

If we recognise the transgressive relationship of the artist to architecture, we also find the worrying strangeness which characterises his work as a visual artist. Multiplying effects on meaning, the pieces of the installation lie within a resolutely experimental and multiform work in progress, which maintains a brotherly relationship with the unfinished opus of the film-director Nicholas Ray, to whom the exhibition?s title pays homage.
Strangely worried in front of our flats and our offices, which have suddenly been made inhospitable, we are led to think of the lives which light up our familiar decor and of the fictional borders which supposedly separate art from our lives and political decisions from our esthetical models.
Auriane Bel, November 2013
             
The work of Didier Faustino (1968, lives between Paris and Lisbon) has been exhibited worldwide, in particular at MUCEM, Marseille (2013), Wien Kunsthalle (2013), MoMA, New York (2012), Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Paris (2011), Gulbenkian Foundation, Lisbon (2011), CCA, Center for Contemporary Art, Kitakyushu (2010), Laxart, Los Angeles (2009), Yokohama Biennial (2008), Musée National d'Art Moderne / Centre Georges Pompidou, Paris (2007).
His artworks belong to major private collection and institutions as: MNAM, Musée National d'Art Moderne, Paris / MoMA, Museum of Modern Art, New York / MACS, Museu de Arte Contemporânea de Serralves, Porto / FRAC Centre, Orléans / FRAC Nord-Pas de Calais, Dunkerque / Centro de Arte Moderna José de Azeredo Perdigão, Lisbon.

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DIDIER FAUSTINO
WE CAN'T GO HOME AGAIN
30/11/2013 ? 11/01/2014

Pour sa seconde exposition personnelle à la galerie Michel Rein , Didier Faustino nous invite à sortir de chez nous et à pénétrer dans un monde ambigu, ressemblant étrangement au nôtre mais hanté par d?autres nous-mêmes aux armures taillées dans les matériaux de nos propres foyers.
L?exposition WE CAN'T GO HOME AGAIN mobilise les signes de notre environnement familier mais s'évertue à le retourner, littéralement, comme un gant, projetant le visiteur dans un univers instable. Convoquant tour à tour la figure d?Absalon, en particulier sa série des Cellules, et les performances où Joseph Beuys, emmitouflé dans sa couverture de feutre, se cloître dans une galerie, l?exposition de Didier Faustino joue sur les motifs de l?entrave, du déplacement et du renversement.

La sémantique des titres demande à être écoutée. Le nom "HOME" revient comme une litanie apparemment douce et discrètement discordante. Ainsi le spectacle doit-il non pas "continuer", comme le veut l'adage, mais "rentrer chez soi" ("THE SHOW MUST GO HOME"). Ce chez-soi, pourtant, est déclaré inaccessible ("WE CAN'T GO HOME AGAIN"), et sa douceur proverbiale s'est muée en costume ("HOME SUIT HOME"). Circulant entre ces titres, le sens se déplace ; les thèmes de l'habitat et du confort viennent frotter contre ceux de l'apparence et de l'irréversible.
Or c'est la réversibilité qui caractérise l'installation. De même que le foyer se trouve tour à tour désigné comme un habitacle à occuper et une destination impossible, les figures anthropomorphes qui occupent l'espace principal de la galerie constituent à la fois des intérieurs et des extérieurs, des contenants et des contenus. Elles suscitent d'étranges récits : quel homme s'est de la sorte construit cette molle armure ? À l'encontre de quel insidieux péril ? À quel désastre cherche-t-il à survivre ? De quels moyens sophistiqués a-t-il bénéficié pour en dessiner le savant patron ? Protections construites à partir des sols types de nos habitations, elles en exhibent l'envers, et semblent autant armer contre les dangers que désigner la nature de ces derniers. Nos modèles d'habitation, notre façon d'organiser et de loger nos corps, nos édifices spectaculaires, les entraves opposées à nos chairs sont en effet en cause ici.
Les combinaisons de Didier Faustino radicalisent en quelque sorte l'intention architecturale, au point d'énoncer une critique catégorique des planifications du domestique.

Si l'on reconnaît le rapport transgressif de l'artiste à l'architecture, on retrouve également l'inquiétante étrangeté qui caractérise son travail de plasticien. Multipliant les effets de sens, les pièces de l'installation s'inscrivent dans une ?uvre en progrès, résolument expérimentale et multiforme, qui entretient une relation fraternelle avec l'opus inachevé du cinéaste Nicholas Ray, auquel le titre de l'exposition rend hommage.
Etrangement inquiets devant nos appartements et nos bureaux, rendus soudain inhospitaliers, nous sommes amenés à penser aux vies qui animent nos décors familiers et aux frontières fictives qui prétendent séparer l'art de nos vies, les décisions politiques de nos modèles esthétiques.
Auriane Bel, novembre 2013
                                   
Le travail de Didier Faustino (1968, vit entre Paris et Lisbonne) a notamment été exposé au MUCEM, Marseille (2013), à la Kunsthalle, de Vienne (2013), au MoMA, New York (2012), à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, Paris (2011), à la Fondation Gulbenkian, Lisbonne (2011), au CCA, Center for Contemporary Art, Kitakyushu (2010), à Laxart, Los Angeles (2009), à la Biennale de Yokohama (2008), au Musée National d'Art Moderne / Centre Georges Pompidou, Paris (2007).
Ses ?uvres sont présentes dans de nombreuses collections privées et institutions internationales : MNAM, Musée National d'Art Moderne, Paris / MoMA, Museum of Modern Art, New York / MACS, Museu de Arte Contemporânea de Serralves, Porto / FRAC Centre, Orléans / FRAC Nord-Pas de Calais, Dunkerque / Centro de Arte Moderna José de Azeredo Perdigão, Lisbonne.

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